Posté le 02.06.2007 par elopinks
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Posté le 02.06.2007 par elopinks
Définition de Malévitch
La définition de Malévitch résume la peinture à un certain nombre de surfaces colorées savamment agencées sur la toile. La haute spiritualité du grand peintre permet d'envisager l'hypothèse d'un "coup de pied en touche" typique des rugbymen et des hommes d'esprit.
Contre définitions de "peinture"
Définir, c'est exclure. Une chose est définitivement sûre de ce qu'elle n'est pas. La peinture n'est pas Cinéma. Pas d'avantage Littérature. Encore moins Musique.
Par contre: est-on sûr qu'elle ne soit pas sculpture ? Il faudrait qu'elle soit lisse, enfermée dans une surface régulière plane et pleine... La moindre aspérité ou le moindre trou créerait la confusion... Cette frontière est trop floue pour être décidée sans arbitraire.
De la même façon, l'opposition entre "peinture" et "dessin" est un préjugé d'ordre historique. Si le peintre utilise un crayon gras - comme c'est la mode, ou si le dessinateur aquarelle son dessin, une certaine jurisprudence se met immédiatement en place, qui épaissit le texte de la loi jusqu'à rendre son esprit opaque...
Essayons alors de procéder avec ordre et méthode : retirons le dessin de la peinture. Que reste-t-il ? Une suite de matières plus ou moins colorées qui attendent sagement que la toile les invite...
Non seulement on ne sait pas ce qu'est la peinture, mais on n'en sait pas d'avantage sur ce qu'elle sera dans un siècle. On est définitivement sûr que de ce qu'elle a été : ce que l'histoire a retenu comme une de ses parties constituantes.
La peinture et l'histoire
Résumons ce constat par une petite boutade. La définition du dessin va sans dire : elle est ancestrale, préhistorique; elle ne présume rien. La définition de la peinture est plus capricieuse puisqu'elle est historique : elle suppose l'intérêt, l'anoblissement de l'objet par la reconnaissance de l'histoire.
Faire de la peinture, la défendre, c'est implicitement proposer une vision de l'histoire. Pendant que dessiner, c'est avant tout aimer la pratique d'un métier. J'essaie, depuis près d'un quart de siècle, de vivre ces deux définitions. Je ne compte pas pour autant me dérober à l'objectif de ce texte; ce paradoxe ne me suffit pas plus qu'à vous.
Posté le 02.06.2007 par elopinks
L'identité du style et la structure du dessin
L'identité du style est une référence à la personne physique de l'artiste. Le peintre trouve son caractère graphique tel un musicien sa pâte sonore. Le son de Stan Getz est aussi caractéristique que le trait de Modigliani. Le dessin permet de reconnaître et de faire reconnaître un artiste.
La couleur, que tout autre peut emprunter sans payer de droit d'auteur, ne permet pas une telle identification. Une oeuvre est parfaitement identifiable à travers sa photo en noir et blanc. Mais qui saurait la retrouver à partir d'une simple palette ?
Le dessin est beaucoup plus que le simple vecteur d'une personnalité artistique. Il est partout: depuis le fond, la préparation du tableau, jusque dans chaque touche : en ce sens, le dessin et la main ne font qu'un.
La structure obtenue a lieu d'être distinguée de ce qui la relie directement au peintre: son style. La structure est la charpente d'une oeuvre. Elle n'est pas forcément apparente, comme en architecture, mais elle tient toute l'oeuvre.
La réflexion et le dessin
La réflexion fait partie du travail de l'artiste. Elle permet de situer l'espace de la création, et de préciser les sensations qui la motivent. Mettre des mots sur ce que l'on pressent est une façon d'entrouvrir un peu plus la porte de l'inconnu. Et en matière d'art, l'inconnu: c'est d'abord soi-même !
Je pratique le dessin comme une forme de méditation. Elle accompagne la réflexion. C'est dans l'esquisse que je trouve la force de toute oeuvre. Une fois les premières lignes révélées, je ne cesse de nourrir leur chant : La couleur et la matière se mettent progressivement au service de cette structure initiale pour produire une lumière.
Tout jeune peintre, je pensais que " le jour où j'en aurais marre de créer, j'inventerai un style ! ". Je percevais très fortement cette frontière entre identité de l'artiste et identité de l'oeuvre. Il ne suffit pas de signer pour mériter de le faire ; en d'autres termes: il ne suffit pas de se répéter inlassablement pour faire croire à une quelconque authenticité. Le style d'un auteur ne peut tenir lieu d'éternel propos. Pas plus qu'une obsession ne peut revendiquer le satut de création. Comment concevoir la création sans évolution ? Où est l'intérêt d'une quête sans surprise ?
Posté le 02.06.2007 par elopinks
Le dessin et l'artiste contemporain
L'artiste accompli pourrait se présenter par cette boutade : " Tel est mon dessin ! ".
Le dessin est la marque indélébile de toute personnalité artistique. Petite anecdote: il y a quelques années, une lithographie de Picasso a littéralement traversé la rue pour me sauter aux yeux. J'ai couru le risque de me faire faucher par une voiture en traversant à mon tour! Un trait comme celui-là se reconnaît entre mille...
Le dessin est symbole de rencontre.
Par ailleurs, le rapport des peintres avec le dessin tient aussi du privé, du secret. Les esquisses préparent et annoncent les oeuvres de galerie de façon presque indiscrète. Le peintre a-t-il droit à une vie privé en tant qu'artiste ? Cette question concernait déjà les classiques. L'artiste contemporain est plus médiatisé, et devient facilement la proie d'un certain voyeurisme.
Posté le 02.06.2007 par elopinks
La pratique du dessin
Elle commence de façon très différente selon les personnes. Pour ma part, pendant les deux premières années de ma carrière, je n'ai peint que des paysages fantastiques à l'aquarelle. Conscient de mes lacunes, j'ai alors sollicité la peintre et fresquiste Alice Pasco, de Pontivy, pour qu'elle me fasse travailler le dessin. Je fus très étonné quand elle me demanda dès la fin de la première séance pourquoi j'étais venu! La réponse paraissait évidente: pour apprendre à dessiner. Non! m'a-t-elle rétorqué: vous êtes venu pour apprendre que vous saviez dessiner! Ainsi, pendant deux années, j'avais acquis sans m'en rendre compte des réflexes et des points de repère. J'avais ouvert un espace intérieur où ne poussaient pas que des arbres bleus sur un ciel orange...
Cette anecdote montre bien que l'idée d'un parcours organisé est fausse. On peut juger du résultat, mais pas préjuger du chemin qui le précède. La passion et la volonté semblent bien plus importantes que l'organisation et la méthode. Même pour un résultat qualifié de technique parce qu'il réclame une certaine virtuosité.
Toutefois, il est bon de souligner que l'apprentissage réclame une régularité de la pratique. Les peintres et dessinateurs font leur style au cours d'années où principalement ils usent la matière. Quand cette matière est apprivoisée, commence enfin leur vie d'artiste. Autrefois, on les disait maîtres. Aujourd'hui on parle plutôt de personnalité artistique.
Posté le 02.06.2007 par elopinks
La définition du dessin
L'ambition du dessin ne se limite pas à la maîtrise de ses techniques. Si la pratique du dessin comporte l'acquisition de bases solides, elle réclame aussi des repères historiques: Rembrandt ne concevait pas le trait de son graphisme comme Gauguin ou Picasso.
Des mondes différents ont forcément des dessins différents. Le monde urbain et organisé, tout comme celui de l'entreprise, produira un dessin clair et lisible, marqué par le niveau et la règle. Un monde tribal "en pleine nature" n'aura que faire de l'angle droit et du fil à plomb. Les arbres eux même s'en passent ! Pour autant, l'expert ne sera pas surpris de retrouver des règles d'harmonie similaires dans les deux cas, qu'il s'agisse du nombre d'or ou du triangle sacré.
Le dessin ne peut donc s'envisager qu'à partir d'un lieu, d'une époque, d'une culture et surtout dans son individualité. Deux personnes différentes n'ont pas la même écriture : la graphologie est une des sciences du dessin. L'étude montrera des points communs qui permettront de situer, de classer les styles, de les identifier. Chaque classe sera une époque, une culture ou une école, et chacun aura sa particularité à l'intérieur de cette classe.
Ces raisons à peine esquissées imposent un premier constat: le terme de dessin n'est pas simple à résumer, et il ne saurait se contenter d'une définition sommaire. Tout parti pris se révèlera hâtif et forcément réducteur, donc contraire à la liberté. D'une certaine façon, la définition même du dessin ne peut que souligner ce qu'il a été, mais pas ce qu'il pourrait être. Le propre de la création reste la surprise... Le dessin ne se définit pas: il s'affirme.
Posté le 02.06.2007 par elopinks
presentation des oeuvres de peintre pas connu et connu
Posté le 02.06.2007 par elopinks
presentation des oeuvres de peintre pas connu et connu
Posté le 02.06.2007 par elopinks
presentation des oeuvres de peintre pas connu et connu
Posté le 02.06.2007 par elopinks
presentation des oeuvres de peintre pas connu et connu